Fête du Sacré Coeur  11-12-13 juin 2010
à La Salle de Vihiers
et à Valence d'Albigeois

Pour  marquer la fête du Sacré Coeur de cette année 2010,
il avait été prévu de longue date de consacrer 3 jours à cette célébration.

 

Un groupe s'est chargé du déroulement des 3 journées,
le 11 : journée de ressourcement spirituel pour les Soeurs

le 12 : Journée de partage et d'engagement
Avec les Associés et Partenaires de la mission
éducative, sanitaire et sociale des Filles de la charité du S.C. de Jésus.

le 13 : Journée d'action de grâces en communion avec l'Eglise universelle
Avec le peuple de Dieu : chrétiens du secteur, amis et familles des Soeurs.


 



Le vendredi 11, tout le monde s'est rassemblé dans la chapelle pour un temps d'accueil et de prière.
Les tribunes nouvellement rénovées ont hébergé les Soeurs aînées et les ont fait participer  .... aux places de choix .
La Messe dans une tonalité sobre et priante a permis de célébrer "l'Amour du Christ" jailli de son coeur ouvert par le coup de lance.
 


 

   

De son côté, le service des Archives avait préparé une exposition
"A propos du Sacré Coeur"
,
 à partir des documents et objets qu'il possède ainsi qu'à travers les activités vécues dans la Congrégation au cours de son Histoire.
Egalement une ouverture sur les représentations du Christ dans l'art des siècles passés et sur le Sacré Coeur peint ou sculpté par les artistes surtout depuis le XIXè siècle.



 

Près de l'escalier principal, le groupe de
 "Jésus, Marie et Jean"
sculpté par J. Fréour en 1958 a été reconstitué et ouvre l'exposition installée sous les arcades.

Tout au long de cette journée de ressourcement, chacune a pu se recueillir,
noter des intentions dans les 2 cahiers mis à cet effet à la chapelle,
intentions utilisées pour le temps de prière de l'après-midi
 

On pouvait aussi se retrouver et échanger au gré des allées et venues et des repas
et découvrir la nouvelle décoration du passage qui va à la chapelle.
 

 


Le samedi 12 juin
était prévu pour les laïcs engagés dans la Congrégation : Associés aux FCSCJ et Partenaires associés à la mission éducative et de santé.
« Dans l’Eglise, tous les membres sont participants de la vie et de la mission du Christ » Règle de vie 1.77

Après un long temps d’approfondissement de notre mission de baptisés, nous sommes entrés dans  la démarche vécue par nos Fondateurs : Jean Maurice CATROUX et Rose GIET, pour y lire les lignes essentielles de notre charisme.
           Le projet des Fondateurs :
« assurer l’éducation des enfants, le soin aux malades, aux personnes âgées et le désir fervent de faire connaître et aimer Jésus-Christ »  se traduit aujourd’hui dans notre projet Commun d’Evangélisation :

Par notre adhésion totale à Jésus-Christ,
révéler qu’Il est Vivant
.
Par la cordialité et la simplicité de notre accueil

témoigner qu’Il est proche
.

Par notre disponibilité envers tous

annoncer que son Amour est universel.

S’en est suivi un temps d’échanges pour lire et nous questionner sur l’actualisation de ce Projet.
Questions reprises avec Mgr DELMAS, évêque d’Angers, venu nous rejoindre pour partager notre vie et nos questionnements.
-
comment franchir le cap de l’humanisation pour atteindre  le niveau de la spiritualité ?
-
 comment adapter notre langage au monde d’aujourd’hui ?
-
  ouverture à tous… jusqu’où ? au risque de laisser certains glisser vers quelque extrémisme… ?
Importance de l’écoute… de l’écoute avec amour…permettre à chacun de livrer ce qu’il vit à l’intérieur…
Le chemin de l’entraide, le chemin du service sont des pierres d’attentes de la vocation chrétienne… Par ce que nous sommes au quotidien, transparaît une dimension plus profonde…
Il nous faut être « simples et confiants comme des colombes mais prudents comme des serpents »…
 « C’est en forgeant qu’on devient forgeron » ; c’est en me donnant , en servant la Congrégation que je me suis laissé « prendre »… L’Esprit-Saint est à l’œuvre : y croyons-nous ?

Le temps de l’Eucharistie qui a suivi, présidé par Mgr DELMAS, nous a permis (sœurs, associés et partenaires) de tout ressaisir de cette journée dans  une action de grâces festive et suppliante. Avant le temps de l’offrande, S. Marie Jo GESLIN, provinciale, a reçu le premier engagement de Catherine et Loïc BOURHIS, en tant qu’Associés aux FCSCJ, puis le renouvellement de l’engagement des autres Associés présents.

             Riche de cette journée fraternelle et dynamisante, chacun est reparti  sur son lieu de Mission
 

 
Et le dimanche 13 c'était une fête ouverte sur l'universel avec les chrétiens du secteur, qui assistent régulièrement à la messe dominicale, mais aussi les parents et amis des Soeurs venus d'un peu partout. Messe rendue plus vivante par la guitare, et qui reflétait la variété des personnes présentes.



Messe présidée par le P. Batardière, vicaire épiscopal du secteur de Cholet dont l'homélie sur  "la femme au nom inconnu qui ose venir voir Jésus chez Simon"
a été  percutante.


Epoustouflant !

C'est le cri de surprise d'une jeune femme dans la préparation au mariage. De famille chrétienne mais ayant abandonné toute pratique et toute vie spirituelle. Un mari incroyant. Et pourtant au bout de dix ans de vie commune, décision vers le mariage à l'Eglise. Elle ne sait pas ou plus ce que veut dire le mot Dieu. Elle sait juste exprimer que dans une église elle trouve un lieu de recueillement, pour retrouver des valeurs,  l'essentiel  ; alors pourquoi le mariage, quel appel, quel désir confus ?

Dans sa confusion, elle trouve époustouflant le temps, la bienveillance, le non jugement de la part des laïcs, du prêtre,  qui les accompagnent dans la préparation. Je leur ai demandé de relire quelques passages d'Evangile et ils ont souffert de l'écart entre ce qu'ils vivent et ce que propose Jésus.

Je me permets de rapprocher cette rencontre avec celle que nous relate l'Evangile d'aujourd'hui.

Quel écart apparent entre Jésus et cette femme pécheresse ! Quel écart encore plus grand entre cette femme et Simon le pharisien.

Simon on connaît son nom, il est connu et sans doute reconnu, en tout cas par Jésus. C'est un pharisien qui s'exerce à observer scrupuleusement la Loi, dans une recherche assidue de la pureté Ils sont tous les deux à table dans une apparente proximité. Mais l'écart n'est pas là où l'on pourrait croire, ou le croyait Simon !!

Cette femme a dû entendre parler de Jésus, cet homme qui parle de Dieu d'une toute autre manière que les Pharisiens. Poussée confusément à le rencontrer, elle ose braver l'écart, elle s'introduit chez Simon et elle ose, elle l'impure, toucher Jésus, et elle pleure toutes les larmes de son corps, de son coeur ; elle ne parle pas, elle ne se justifie pas, elle prend le risque silencieux de s'approcher.

Et Jésus se laisse toucher, non seulement les pieds, mais aussi le coeur. En lui bat le coeur de Dieu, le coeur de Dieu qui aime tout humain comme son enfant chéri

Dicton : "fais un pas vers le bon Dieu il fera les 99 qui le séparent de toi"

La femme au nom inconnu a osé faire le premier pas vers Jésus ; Jésus va combler l'écart qui pouvait apparaître entre elle et lui, entre elle et Dieu.

Jésus devant Simon loue son acte d'amour, ses gestes de tendresse et va jusqu'à déclarer que ses péchés sont pardonnés. Avec cette phrase énigmatique et magnifique : « Si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu, montre peu d'amour. »

Le grand amour de cette femme :

1/son désir d'aimer et d'être aimée y compris dans la vie dans laquelle elle a sombré
2) son désir d'être sauvée, reconnue, aimée pour elle même et non pour son corps ou ses artifices

 3) son abandon à la grâce du Christ, la prise de risque de l'approcher

Mais comment comprendre « celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour » ?
-  d'abord au niveau humain/entre humains : si on n'a pas eu la chance un jour d'être pardonné, alors qu'on avait fauté, on reste enfermé dans sa faute, dans sa condition de fautif, on se recroqueville, on est bloqué, noué, incapable de se libérer, de libérer par soi même les potentialités de vie, d'amour, envers les autres : « la haine » !

-  mais peut être aussi au niveau de notre relation à Dieu. Si on ne croit pas que Dieu peut nous aimer jusqu'à pardonner, si on n'ose pas faire ce premier pas vers lui pour recevoir sa grâce, son amour, son pardon, on ne peut se laisser convertir, on ne peut apprendre à aimer comme lui gratuitement, sans préjugé, avec le seul désir que l'autre existe et grandisse !!

Dans cette scène apparaissent donc trois figures dans lesquelles chacun peut se retrouver tour à tour :     

- Simon qui veut faire sa vie, sa foi, son chemin, à la force de son poignet, à l'opposé de ce que Paul nous dit aujourd'hui : ce n'est pas en observant la Loi que l'homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ.

-  La femme qui reconnaît en Jésus le coeur aimant, immense, inépuisable de Dieu

-  Jésus qui invite comme lui à se laisser toucher, à pardonner, à relever, dénouer mais qui aussi invite Simon à faire la vérité, à se convertir.

Chères soeurs, Filles de la charité du Coeur de Jésus, merci pour votre vocation, votre mission : en communauté, et chacune  personnellement, vous êtes pour nous tous, signes de ce grand coeur aimant de Dieu pour chacun.

Puissions nous avec vous, à la suite de ceux qui se sont laissés aimer par Jésus pouvoir dire un jour comme le psalmiste  : "L'amour du Seigneur entourera ceux qui comptent sur lui."
Et comme Paul : " Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi."

 

P. Batardière
 

Le verre de l'amitié
suivi du pique-nique dans le parc,
ou au soleil sous le cloître,
a permis les échanges
avant la prière de conclusion de l'après-midi, à la Chapelle.

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