Archives "coup de coeur"

 
 

"Soleil levant,
lumière d'En Haut
qui vient nous visiter"

 

" Le Sacré Coeur "

  Ce  tableau que Maurice Denis a peint en 1916, il l'a intitulé le "Sacré Coeur".
Une telle représentation est inhabituelle : le Christ  en Croix, mort (sa tête inclinée et ses yeux fermés le montrent) avec le symbole du coeur peint.
Et inhabituelle aussi la position de Marie penchée sur ce coeur lumineux. Dans une attitude de communion, pourrait-on dire, avec le don de son Fils.
A remarquer la lumière qui diffuse à l'arrière dans toute la partie haute du tableau, justement au niveau du coeur du Christ.
 

Mystère de Mort

 et de Vie

Christ de l'église de Quimiac

Bourgeons de pin au printemps

                                                            Tout oppose ces 2 fuites en Egypte

A gauche, dans la fresque romane, la sobriété dans les attitudes, dans le dépouillement des 4 couleurs en bandes horizontales, dans la noblesse de la démarche des personnages (même l'âne semble empreint de gravité). Une ambiance presque recueillie.

A droite l'exubérance romantique des vitraux du XIXè : fleurs épanouies et variées sur le bord du chemin, anges virevoltant dans un ciel parfaitement bleu, couple qui semble plus faire du tourisme que fuir un danger. Ambiance d'excès et d'une certaine frivolité.

 


 

Les vendanges :
 cueillette, transport du raisin, pressoir (avec les pieds)
tonneaux et  amphores de conservation.

Bas-reliefs du portail ouest de la Cathédrale de Bourges décrivant la découverte de la vigne après le déluge.

 

"L'élégance du hérisson"
 

Titre curieux et qui attire l'attention. C'est celui d'un livre de Muriel Barbery paru en 2006 et maintenant édité en livre de poche.

Quand on lit la présentation au dos de couverture on n'a pas vraiment envie de rencontrer les 2 personnages, héros de ce texte : une concierge qui semble insignifiante et une ado qui prévoit de se suicider. Tout cela paraît assez triste.

Et pourtant au-delà ou plutôt à travers les "réflexions et pensées profondes" de l'une et de l'autre, on entre peu à peu dans l'intériorité, la vie secrète de Renée et Paloma.

Et la surprise est grande : sous des écorces bien closes, la vie intérieure des 2 personnes est étonnante. Il suffira d'un regard "nouveau" pour que l'écorce se fende.

Un réalisateur ne s'y est d'ailleurs pas trompé, qui vient d'en faire un film sorti il y a quelques semaines.
A défaut de le trouver en Salles, il est facile de dévorer le livre.....  et même d'avoir envie de le relire ..... pour y chercher la profondeur et l'humanité dont il est imprégné.

 

De la mort de la croix à la gloire de la Trinité

Cette belle descente de Croix d'un anonyme du XVè, peut-être de l'Ecole rhénane, mérite qu'on s'attarde à la détailler.


Ce n'est pas Marie qui porte Jésus mais Jean ; celui-ci soutient le Christ par les épaules, et la tête du Christ s'appuie sur le bras droit de "l'apôtre bien-aimé".

Le Corps de Jésus n'a pas la raideur du cadavre, les mains sont ouvertes. Le visage ne retombe pas sur la poitrine mais est orienté vers le haut.
 

 

Les personnages sont disposés selon des lignes non symétriques :
* les 3 hommes de l'arrière-plan sont placés linéairement ; l'un d'eux est sur le départ avec la couronne d'épines, tandis que celui du centre semble "murmurer" quelque chose à son voisin ou bien esquisse un mouvement de recul ou de compassion. Il tient fermement une bourse dans la main droite ; celui de gauche a un visage marqué par la peine.

 

* les 3 femmes sont en quinconce par rapport à Marie et regardent Jésus, Marie Madeleine très proche de la Vierge, la femme de droite avec un geste de stupeur ou de désolation.

Le visage de Jésus est auréolé d'une couronne de rayons lumineux, signe de la gloire du matin de Pâques.

Jean et la Vierge se "répondent" en quelque sorte dans le plan horizontal mais aussi dans leurs regards dirigés vers le Christ.
Marie a l'attitude qu'on lui voit dans les Nativités : celle de la prière et de l'adoration. Son visage n'est pas celui d'une Vierge douloureuse.
 

La scène tout entière, même si elle est dramatique, ne reflète pas la tension de la mort ni la violence de la peine endurée.

 

 

On ne voit que le bas de la croix, où le clou des pieds est encore planté (alors que le corps n'est plus suspendu)

 

Les gros plans permettent aussi d'admirer les pieds qui n'ont pas traces de mauvais traitements sauf la plaie du clou ; et le manteau de Marie : un manteau de reine, la Mère du Dieu fait homme
venu tirer l'homme du monde de la mort.

Cette scène évoque inévitablement la scène de la tentation des Tapisseries de La Chaise-Dieu où les 2 personnages sont autant à l'opposé l'un de l'autre que dans la fresque de Brinay
 

   
  Cette sculpture de bois nous présente une Vierge de l'Annonciation. Elle fait partie des  oeuvres collectionnées par un amateur d'art angevin. Elle est seule car l'ange Gabriel n'a sans doute pas été retrouvé, mais on est frappé par sa grande simplicité, par l'expression de son visage et de sa main exprimant tout à la fois surprise et acquiescement.
 

Séraphine de Senlis 

 
   

Ce n'est ni un(e) écrivain(e) couronnée par un prix, ni une musicienne célèbre. Séraphine Louis était une personne sans qualification, issue du milieu rural du XIXème siècle. Elle n'eut d'autre ressource pour gagner sa vie que de louer ses bras comme femme de ménage.
Mais le soir ou à ses moments libres, elle peignait sur les supports qu'elle pouvait se procurer et ses mains de travailleuse manuelle réalisaient alors des tableaux inspirés de la nature, étonnants par leurs couleurs et leur luminosité.
Un jour de 1913, le collectionneur allemand Wilhelm Uhde, découvreur de Picasso et du Douanier Rousseau, a la surprise d'apprendre que c'est sa femme de ménage qui réalise l'œuvre qu'il admire dans une petite exposition de Senlis. Il va donc lui fournir les matériaux qu'elle ne peut pas s'offrir.
Séraphine mourra de privations en 1942 dans un hôpital psychiatrique pendant l'Occupation nazie. 

De cette histoire on vient de faire un film qui n'aura sans doute pas le succès des grands prix de Cannes, mais ce qui va demeurer ce sont les surprenantes fulgurances de ses peintures que l'on peut trouver dans de petits livres d'art.
Quelques revues se sont fait l'écho des pages consacrées à cette artiste ou d'expositions qui présentent quelques-unes de ses œuvres. Les 70 à 80 peintures que l'on connaît, sont réparties entre 3 musées  à Paris, Nice et Senlis.

   
   
   

La contemplation du paysage se passe de mots



Une calanque de la région marseillaise et la clarté de son eau
 

L'artiste qui a réalisé cette Vierge assez "curieuse" ainsi que la crèche de la cathédrale de Bourges s'est inspiré de son métier de potier.

La base est un pot de fleurs inversé d'où il a fait surgir une  statue à l'attitude complexe ; ça peut être l'oiseau ouvrant ses ailes pour l'envol, le geste enveloppant et protecteur de la mère, ou l'attitude d'acceptation de Marie disant oui.

Le visage est assez impersonnel mais le corps exprime quelque chose de la profondeur de  l'être au creux duquel se niche Dieu venu prendre chair en Marie.

 

Il y a une quarantaine d'années, un artiste a choisi d'utiliser l'ardoise angevine pour souligner la lumière vive de l'émail dans le chemin de croix qu'il a réalisé.

Une couleur surtout domine : le rouge

le rouge de la royauté

le rouge du sang

le rouge de la divinité

 

Le rouge laisse place au blanc de la nudité et du linceul

Le visage du Christ, bien que dégradé, exprime une grande douceur, une totale sérénité.
Le vêtement du Christ mourant est bleu comme le vêtement de sa mère dans le "tableau" de la mise au tombeau.

 

Et dans sa gloire c'est à nouveau le manteau rouge qui fait éclater sa divinité.

 

Stations du Chemin de Croix de la 1ère chapelle de la congrégation des Filles de la charité du Sacré Coeur de Jésus, actuellement au lycée Notre Dame, La Salle de Vihiers.

 

Le tétramorphe 

A Noël, ce sont les bergers qui, les premiers, ont entendu la "Bonne Nouvelle" (Luc 2,10) et l'ont ensuite transmise autour d'eux.

Nous qui arrivons 2000 ans après,  nous la recevons de ceux qui ont rédigé ce qui était essentiel  à la vie des premières communautés chrétiennes : Marc, Matthieu, Luc et Jean.

Sur les portails des cathédrales, dans les enluminures bibliques et quantité d'œuvres d'art on trouve les symboles de ces 4 témoins ou porteurs de cette Bonne Nouvelle.

Les 4 bas-reliefs ci-joints sont le signe de la foi et de l'habileté d'un artisan de l'Ouest qui, à l'époque des "Fêtes-Dieu" avait sculpté le tétramorphe pour un "reposoir".
Mais les manières de vivre la liturgie ayant évolué, il a retrouvé ses sculptures reléguées dans un placard de sacristie. Il les a donc récupérées pour sa famille.
 

N.D. de la Belle Verrière

 

Dans ce vitrail de Chartres, appelé "La Belle Verrière", les spécialistes expliquent la différence entre les "bleus" utilisés par les maîtres verriers.

La photo numérique amateur souligne parfaitement la différence : la Vierge et l'enfant sont  clairs, lumineux,  bien distincts, tandis que le reste du vitrail reste plus sombre comme s'il avait été mal capté par la technique.

Belle occasion de contempler l'art des verriers du Moyen Age et l'expression de leurs  convictions de foi.

De nombreuses pages et photos peuvent être consultées sur le web à propos de ce vitrail.

 

 

Ce tableau du "Salve Regina", Alfred Manessier l'a réalisé après avoir entendu chanter les moines de la Trappe de Flavigny dans l'Orne, en 1943. Il accompagnait dans ce monastère, un ami qui voulait y faire une retraite.

Durant ce séjour, malgré ses réticences sur la foi à cette époque, il a perçu une sorte "d'illumination, de révélation" comme il l'a dit lui-même. Et le chant du soir à la Vierge l'a inspiré.

Même si la croix y est figurée discrètement, ce tableau est une alliance des verticales qui donnent l'élan de la prière avec le bleu dominant, ponctué de couleurs plus chaudes.

L'œil y trouve un repos, un équilibre qui procurent un sentiment indéfinissable de plénitude, une sorte d'évidence spirituelle à celui qui contemple.

Salve Regina mater misericordiae, vita dulcedo et spes nostra, salve.
Ad te clamamus, exsules filiae Evae
Ad te suspiramus gementes et flentes

In hac lacrimarum valle

Eia ergo, advocata nostra
illos tuos misericordes oculos ad nos converte
Et Jesum benedictum fructum ventris tui
Nobis post hoc exsilium ostende
O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre joie, notre espérance, salut !
Enfants d'Eve exilés, nous crions vers toi.
Vers toi, nous soupirons, gémissant et pleurant, en cette vallée d'épreuves.
O toi, notre avocate, tourne vers nous tes regards miséricordieux
Et après ce passage, montre-nous Jésus, le fruit béni de ton sein.
O clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie !
 

Nantes : Un château dans la ville 

Après 10 ans de travaux dont 3 de fermeture totale, le château des Ducs de Bretagne, planté dans le cœur historique de Nantes, a rouvert grand ses portes aux Nantais, impatients et curieux de retrouver leur patrimoine.
Edifié au 15ème siècle par le duc François II, père d'Anne de Bretagne, ce monument  tour à tour palais ducal, résidence de rois, forteresse militaire, musée, est le reflet complexe et superbe d'un passé parfois mouvementé, toujours passionnant. Somptueusement restauré, il est le symbole de l'histoire de Nantes et de la Bretagne.

 La première rencontre est émouvante …
            J'ai redécouvert le château en nocturne, un régal pour les yeux. Dans les douves, des jeux d'ombre et de lumière  ... un liseré rouge ceinture l'édifice, unifiant cet ensemble architectural complexe. Arrivée côté sud, après franchissement de la douve, j'entre dans l'enceinte du château  par la "poterne de Loire", une des trois entrées ouvertes depuis la rénovation.
            Je m'engage sur les remparts fortifiés : 7 tours reliées par des courtines ponctuent les 500 mètres de chemin de ronde. La lumière révèle les contrastes en soulignant à la fois l'aspect défensif et l'élégance de la résidence ducale avec ses décors sculptés. De là-haut, on comprend mieux comment s'articule le bâtiment et comment le château s'insère dans la ville.

Une belle perspective
                                   sur la ville : l'emplacement du bras de Loire qui baignait autrefois le château, la tour LU, le quartier du Bouffay et de la Cathédrale, la tour Bretagne …
                                   sur les douves et le jardin planté de magnolias, arbres emblématiques de l'histoire de Nantes
                                   sur la cour intérieure du château … les divers corps de bâtiment en tuffeau, inondés de lumière sont d'une grande beauté : le Grand logis, le Grand Gouvernement, la Conciergerie, le Vieux Donjon ...  

La cour intérieure : une vraie place de Nantes, un lieu par lequel les habitants peuvent passer pour se promener ou pour faire leurs courses grâce aux trois portes ouvertes au public :
            la "poterne de Loire", sur la façade sud du château - côté tramway - construite par Anne de Bretagne,
            le "pont Secours", sur la façade nord du côté du cours Saint Pierre et le Cathédrale
            le " pont dormant en pierre", avec ses deux entrées protégées par une herse et ses deux ponts-levis à bascules qu'empruntaient autrefois piétons, cavaliers, et charrettes…

            Je découvre avec enchantement la Tour de la Couronne d'Or, reliant le Grand Logis et le Grand Gouvernement ; ses deux flèches dominant les courtines, marquent de façon symbolique l'autorité ducale et royale d'Anne de Bretagne. Elles rétablissent aussi l'équilibre architectural voulu à l'origine et offrent un signal fort de la présence du château au cœur de la ville d'aujourd'hui.

Et voici le Campanile, érigé à l'origine par le duc François II ; hérissé d'une flèche et d'une lanterne, il surplombe l'entrée principale. Réalisé à partir d'un dessin de 1715, le nouveau campanile respecte à la lettre les volumes de son ancêtre (8 tonnes ; 8 mètres de haut) La lumière l'éclaire ainsi que les épis de faîtage des flèches de la Couronne d'or en plomb doré à la feuille d'or. Une véritable féerie ...

            Un coup de cœur pour cet aperçu, en nocturne, du château. Reste à découvrir le Musée - installé dans le Grand Logis et le Grand Gouvernement - qui se déploie en 32 salles du sous sol aux combles. "Nantes, fille du fleuve et de l'Océan" est le fil conducteur de la visite. A voir absolument.

                                                                              Monique
visite guidée

 
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